J’en avais parlé dans un autre article, alors en voilà le commencement: en amateur, avec mes calculs et hypothèses de coin de table, je vais tenter de modéliser l’éparpillement. D’avance je m’excuse si des matheux ou chercheurs ou je ne sais qui viennent se dire « oh mais mon dieu c’est un crime un article pareil ! » ou je ne sais quoi; mais quand on est curieux, faut bien se lancer avec les moyens qu’on a !
Donc, alors … allons y. Ce thème sera décomposé en plusieurs parties, dont voici la première: les hypothèses du modèle.
Ces hypothèses seront décomposées en quatre articles, dont voici donc le premier, correspondant aux titres en couleur ci-dessous:
Tout d’abord, qu’est-ce que l’éparpillement ? Ici, on va considérer que l’éparpillement, c’est le fait d’étaler ses activités sur un grand nombre de « tâches », et donc d’étaler ses activités suivant un grand nombre d’informations. En effet, avant de s’éparpiller dans nos actes, on s’éparpille déjà dans notre tête. Deux choses sont alors envisageables:
1/ soit on parvient à gérer ce grand nombre d’informations, par exemple en procédant étape par étape, tâche par tâche, et en arrivant à se concentrer correctement sur chacune d’entre elle
2/ soit on se disperse trop, et on n’arrive pas à se concentrer suffisamment sur chaque tâche pour y être suffisamment productif.
Exemples:
Un premier exemple: j’ai 10 projets en cours. Pour mener à bien l’un d’entre eux (projet musical), il faut que je tâtonne mon instrument, puis que je compose, puis que je fasse des sessions d’essai, puis que je finisse par procéder à l’enregistrement définitif.
Pareil pour mon projet de clip vidéo, pareil pour mon projet photo, pour mon projet de sites web : ce sont tous des projets qui demandent un certain temps de « mise en route » pour que s’y consacrer soit productif.
Du coup, si par exemple je gratouille ma guitare un peu, puis finis par avoir envie de filmer des choses un pti peu par ci par là, pour ensuite avoir envie de coder un peu de php sur wordpress, hé bien il y a un risque: si dans ma tête je passe trop vite d’un projet à l’autre, je n’aurais pas le temps à chaque fois d’approfondir suffisamment chaque réalisation de projet.
Autre exemple: j’ai 5 tâches à réaliser dans mon travail aujourd’hui, mais mon chef m’en donne 5 de + sans prévenir et je dois tout faire dans la journée. Je me retrouve avec deux fois + de tâches à accomplir, mais dans un laps de temps qui reste fixe.
Surchargé d’informations, soit je suis trop fort et je gère bien en consacrant ni trop ni pas assez de temps et d’énergie à chaque tâche, … soit je réfléchis trop vite, ne prend pas assez le temps d’approfondir mes idées: mes idées fusent alors, je les survole, la vitesse de circulations des informations est trop rapide dans ma tête, et je finis par m’embrouiller entre toutes ces tâches, et en plusse par gaspiller mon énergie.
A l’inverse, si je passe trop de temps sur chaque tâche, c’est que je réfléchis trop lentement; et là je ne risque pas d’y arriver non plus.
Dernier exemple, plus scolaire et peut-être le plus parlant: je dois faire une dissertation en 2h, et dans ma tête j’ai un gros stock de notions à coucher sur le papier.
Mais par exemple je stresse, et ces notions, j’essaie de les prendre en compte toutes en même temps ou de manière trop rapprochée. Je réfléchis donc trop vite et cela m’empêche d’approfondir suffisamment chaque notion pour pouvoir structurer efficacement ma disserte. Je survole trop, quoi.
A l’inverse, si je passe trop de temps sur une notion X particulière, je réfléchis trop lentement; je ne parviendrai pas à structurer efficacement ma disserte non plus, car en 2h je n’aurai jamais le temps de traiter toutes les notions à fond comme je l’ai fait pour la notion X.
Voilà, donc, une première proposition, à savoir la notion d’éparpillement telle que décrite ci dessus. Comme vous avez pu le comprendre, l’éparpillement se met en scène dans ce qu’on pourrait appeler un « circuit des informations », dans lequel on trouve un certain nombre d’éléments.
Le circuit des informations se décompose suivant ce schéma :

Le flux d’informations est quantifiable. Il provient de différentes sources : cela peut-être un flux d’informations provenant de la hiérarchie (cas d’un employeur donnant un certain nombre de directives à son employé), ou encore provenant des ressources mentales d’une personne, comme la culture générale, etc (cas d’une personne faisant appel à plusieurs notions qu’elle connaît pour ensuite engager une réflexion).
Le traitement des informations correspond à l’exploitation du flux d’informations. C’est par exemple le fait de s’organiser dans son travail après avoir intégré les ordres de son supérieur dans notre tête. Ou encore cela peut-être le processus de réflexion intellectuelle faisant suite à la visualisation d’une actualité, la lecture d’un livre, etc. En bref ; là où le flux d’informations est la matière première, le traitement des informations est le processus de fabrication. Mais fabrication de quoi ? Hé bien, fabrication de : l’application des informations.
L’application des informations est ce qui ressort du traitement des informations. Cette application peut être abstraite : si par exemple on lit une info dans la presse (= captation du flux d’informations), qu’on réfléchit ensuite à propos de ce qu’on a lu (= traitement des informations), l’application des informations sera le fait de se forger une opinion ; l’opinion est ainsi un produit fini, fabriqué à partir de matières premières (les flux d’informations), et grâce à un processus de fabrication (le traitement des informations).
Mais l’application des informations peut également être concrète. Si notre boss nous donne des missions (=flux d’informations), qu’on s’organise ensuite (= traitement des informations), l’application concrète des informations sera l’accomplissement des tâches et des missions que l’on nous a demandées.
Exemples :
Premier exemple: j’ai 3 informations dans la tête, et je les traite les unes et les autres pour mener à bien une réflexion. Si je traite ces 3 informations trop rapidement et que je n’ai pas la capacité de les traiter correctement aussi vite, le traitement des informations sera mauvais (le traitement = la réflexion). Au final en découlera ma conclusion, mon opinion (qui elle est l’application des informations), et celle-ci sera à ch….
Concrètement (je schématise (beaucoup)) cela donne :
un vieux voit des délinquants à la télé (première information), il voit qu’ils sont violents, se droguent, sont vulgaires (deuxième information), et voit qu’ils sont jeunes (troisième information).
Si le vieux n’a pas la capacité de réfléchir (traiter l’information) vite et bien, mais qu’il réfléchit vite quand même (par exemple à cause de la télé qui l’abreuve d’informations et ne lui laisse pas le temps d’approfondir sa réflexion, en passant du coq à l’âne tout en lui présentant souvent les choses comme des faits établis), il va mener à bien une réflexion (= traitement des informations) qui sera trop rapide et qui mènera à la conclusion (= application des informations) « les jeunes sont des sales délinquants », et il aura peur des jeunes, ou ne les aimera pas, par exemple. On arrivera peut-être ensuite à un truc moche comme ça.
Exemple 2: mon chef me donne des informations (ordres, conseils, missions, …) dans mon travail à faire. Je vais d’abord traiter ces informations (= réfléchir à propos des informations, par exemple organiser mes idées dans ma tête de manière à effectuer mon travail correctement), puis de cette réflexion je vais ensuite tirer des applications de ces informations (= accomplir des tâches, après avoir réfléchi précédemment). En bref: je traite les ordres/informations dans ma tête (= je réfléchis, j’organise mon travail), je les applique ensuite (= j’accomplis mes tâches, mes missions).
Du coup, si je ne consacre pas assez de temps au traitement des informations, cela signifie que je n’aurais pas pris assez de temps pour m’organiser : il y a ainsi un risque que je perde en efficacité. Et inversement : si je consacre trop de temps à m’organiser, je risque également de perdre en efficacité.
On en revient donc encore et toujours à la vitesse du traitement des informations ; cela tombe bien, car c’est la notion centrale de tout ce bouzin.

Déjà 4 commentaires sur cet article
Sinon essaie de dormir un peu, pour voir si ça va mieux après, parce que tu m’as l’air tout palôt là …
Palotlà
Palola
Paola.
Paul Le Guen.
non moi le david qui fait des commentaires à la mort moi le noeud y m’énerve.
Moi je pense que tout est information et je croyais jusqu’à pas longtemps qu’il n’y a qu’une manière de traiter l’information : linéairement. La notion d’architecture parallèle et de réseau de centre de calcul m’a permis de voir les choses autrement.
Ainsi quand un flux d’information arrive il faut le redistribuer à son réseau (humour) qui va le traiter en totalité. Le réseau peut-être un réseau de neurones, un réseau de cerveaux….
A mon avis tu devrais étudier la théorie de l’information de Shannon et aussi l’algorithmie en architecture parallèle
idfolles.comEn fait je dis ça, mais c’est peut-être ton domaine car moi je l’avoue j’ai pas lu Shannon
idfolles.comMerci pour cet éclairage messire, y a une forte instructivité potentielle là dedans !
chatougri.com