
On considère donc qu’il existe une vitesse de traitement des informations. La vitesse de traitement des informations est la vitesse à laquelle on traite ces informations pour en tirer une application concrète ou abstraite.
En reprenant la fin de l’exemple 2 précédent (le cadre « employeur / employé », ou « principal / agent »), voici ce que l’on peut dire: aller trop vite dans le traitement des informations revient à créer des lacunes dans notre organisation et donc à risquer de mal faire son travail. Et aller trop lentement dans le traitement des informations revient à perdre du temps, et donc à risquer de mal faire son travail également (sachant que faire son travail est l’application des informations).

La vitesse de traitement des informations joue donc un rôle clé dans la bonne ou mauvaise application des informations, en ce sens que globalement, plus la vitesse de traitement des informations va vers un extrême (trop grande / trop petite), et plus il y a de risques pour que l’efficacité de l’application des informations diminue (cette efficacité sera définie dans la partie IV). La vitesse de traitement des informations ne doit être ni trop élevée, ni trop faible.
Ainsi, cette vitesse de traitement des informations peut-être liée à différentes choses :
- la masse du flux d’informations transmis en amont (trop d’informations => incapacité à y faire face, ou travail mal fait)
- une contrainte temporelle variable (si on dispose de 3 jours pour réaliser 5 tâches, on ne va pas traiter les informations aussi rapidement que si l’on ne disposait que d’1 jour) ; dans notre modèle on se limitera pour le moment à une contrainte temporelle fixe (une seule période)
- les qualités intrinsèques aux individus, notion qui va tout de suite être explicitée
En effet, tout le monde n’a pas les mêmes qualités intrinsèques de traitement des informations. Certaines personnes sont plus à l’aise pour réfléchir ou s’organiser ou agir vite et bien, par exemple. D’autres ont besoin de plus de temps, de moins de pressions, etc. Mais encore, d’autres ont des capacités matérielles supérieures. Des agrégats d’individus auront par exemple des capacités plus grandes que des individus seuls.
C’est pourquoi l’on va considérer qu’il existe une capacité de traitement de l’information, qui diffère suivant les individus ou groupes d’individus, voire suivant les institutions. Cette capacité de traitement de l’information va donc nous permettre de considérer des personnes, mais aussi des entreprises, des collectivités, …
Par exemple: Jean-Louis (employé depuis 20 ans à Carrefour) a de plus grandes capacités de traitement de l’information que Paul (employé depuis 15 jours à Carrefour), où les informations sont leurs missions en magasin. Cela est dû à une différence d’expérience de terrain entre les deux hommes.
Ou encore: I>Télé (chaîne d’information) a de plus grandes capacités de traitement de l’information que W9 (chaîne de divertissement), où les informations sont ce qui sort de l’AFP ou ce que ramènent les journalistes. Cela est dû à une différence de thématique entre les deux chaînes, mais aussi à une différence entre les agrégats de journalistes : l’agrégat de journalistes d’I>Télé est plus important que l’agrégat de journalistes de W9, et ce sur un plan aussi bien quantitatif (on suppose qu’il y a davantage de journalistes à I>Télé car l’info est sa thématique) que qualitatif (les journalistes de W9 sont peut-être davantage orientés vers le divertissement).
Ou zencore: en théorie, la région Ile-de-France a de plus grandes capacités de traitement de l’information que la région Bretagne, où les informations proviennent des directives nationales / européennes pouvant exister, ou encore des données démographiques, sociales, etc. Cette différence de capacités serait alors due à une différence de moyens économiques, administratifs, politiques entre les deux régions, voire une différence d’ordre géographique (l’IDF est géographiquement plus proche du pouvoir central par exemple, une part de l’information serait donc meilleure ?).
Mais cela peut être nuancé : on peut se demander en effet si l’IDF au contraire ne souffrirait pas de lacunes dans le traitement de l’information ? Car elle regroupe 12 millions d’habitants dans une surface minuscule, car elle comporte des départements parmi les plus pauvres, etc. Avoir autant d’habitants pourrait alors la pousser à bâcler le traitement de l’information ? A aller trop vite ? Ou trop lentement ? La question peut, je pense, se poser.
On peut donc conclure qu’il existe plusieurs échelles de capacité de traitement de l’information (individu, entreprise, médias, collectivité, Etat, …), et qu’au sein d’une même échelle, des différences de capacité de traitement de l’information peuvent exister, sur un plan à la fois quantitatif et qualitatif. Cela va être développé dans le point qui suit
(cela aura également son importance dans la modélisation à proprement parler de tout ce bouzin que je vous pond là, modélisation que je ferai dans la partie 2 de l’article).

