
Le circuit des informations comporte des biais. Ce sont des éléments qui peuvent influer sur lui, soit positivement, soit négativement, soit les deux.
Un biais négatif, c’est un élément qui a un effet négatif sur le circuit des informations, que ce soit au niveau des flux, du traitement ou de l’application.
Un biais positif, au contraire, est un élément qui a un effet positif sur le circuit des informations.
Les flux d’informations sont importants en ce sens qu’ils sont le point de départ du circuit des informations. Un biais à leur niveau peut donc provoquer tout un effet de domino sur le circuit (nous avons par exemple évoqué précédemment qu’une surcharge d’informations peut mener à un traitement des informations moins bon, et donc au final à une efficacité moins bonne au niveau de l’application des informations).
Ainsi, le biais des flux d’informations se décompose entre :
- un biais quantitatif : il est possible qu’on nous abreuve d’informations le flux peut présenter un trop grand nombre d’informations, ce qui constitue une surcharge d’informations, laquelle est un biais négatif. A l’inverse, on peut aussi avoir une insuffisance d’informations, laquelle est également un biais négatif.
Ce biais ne peut pas devenir positif ; la meilleure situation est celle où il a un effet nul et où la taille du flux d’informations est alors à un niveau optimal.
- un biais qualitatif : il est possible que certaines informations soient simplement de mauvaise qualité, à cause par exemple d’un employeur incapable de communiquer correctement, ou bien encore à cause d’un Journal Télévisé pas du tout objectif. On a alors un défaut d’informations, lequel est un biais négatif.
Au contraire, si la qualité des informations est bonne et s’améliore, on a une qualité d’informations laquelle est un biais positif.
Au final, quand le biais tend à être négatif, le flux d’informations peut devenir mauvais et difficilement exploitable. Du coup, cela influe sur tout le circuit, et tout finit par être mauvais, du traitement à l’application de l’information.
A l’inverse, un biais plutôt positif aura des conséquences plutôt vertueuses sur le circuit.
Il est à noter que tout le monde n’a pas forcément les mêmes moyens de faire face au flux d’informations, comme on a pu le voir précédemment à travers la capacité de traitement des informations. Ainsi, le biais du traitement des informations comporte :
- un biais quantitatif : face au flux d’informations provenant de la publicité, par exemple, Jean-Louis et Ginette dans leur F2 n’auront pas les mêmes capacités de traitement des informations que l’association UFC Que Choisir et ses nombreux membres. Là où Jean-Louis et Ginette additionnés sont équivalents à 2 cerveaux, l’association en comporte forcément beaucoup plus. On a donc ici un dénombrement de cerveaux utilisés, qui constitue un biais positivement lié au nombre de personnes attelées au traitement des informations. C’est-à-dire que plus il y a de cerveaux utilisés, et plus le biais devient positif, a priori.
- un biais qualitatif : face au flux d’informations provenant de la presse médicale, par exemple, le Dr Grégorio Casa aura de meilleures capacités de traitement des informations que Gérard, 52 ans, ouvrier chômeur célibataire sans famille ni animal de compagnie. On a donc ici une différenciation cérébrale, qui constitue un biais positivement lié à ce que les personnes ont pu par exemple apprendre de l’extérieur du circuit des informations.
En ce sens, une éventuelle formation professionnelle rendrait positif ce biais qualitatif, et donc bonifierait la capacité de traitement des informations.
A l’inverse, avoir un accident et perdre la mémoire par exemple rendrait négatif ce biais qualitatif, et la capacité de traitement des informations serait diminuée.
On peut en effet considérer que les individus ont également des capacités d’application des informations différentes les uns et les autres. Rappelons que l’application des informations, c’est l’accomplissement d’une tâche, l’arrivée à une opinion ou à une conclusion, ou encore la réalisation d’un projet, …
Ces capacités d’application des informations dépendent à la fois de facteurs quantitatifs et qualitatifs.
Par exemple, dans l’accomplissement d’une tâche, un homme baraqué et sportif sera plus fort qu’une femme fluette si la tâche consiste à soulever des gros poids. En une journée, il soulèvera alors plus de cartons que sa collègue féminine. Sa capacité d’application sera alors plus élevée, sur un plan purement quantitatif. Par contre, sur un plan qualitatif, il peut très bien avoir bâclé son travail et avoir cassé ce qu’il y avait dans les cartons en voulant se la jouer « fort et rapide ». Sa capacité d’application sera au final quantitativement bonne, mais qualitativement mauvaise.
Ou encore, dans la mise au point d’une opinion, quelqu’un qui par exemple est habitué à débattre avec des gens donnera davantage son opinion sur une certaine période que quelqu’un qui n’a jamais d’avis sur rien et ne parle jamais à personne. Quantitativement, il donnera davantage d’opinions, mais cela ne signifie pas forcément que qualitativement, ses opinions seront les meilleures. On peut en effet très bien passer son temps à débattre et à donner son avis sur tout sans pour autant être très intelligent (sic).
Ou enfin, dans la réalisation d’un projet artistique, un musicien professionnel qui se plonge tous les jours dans sa guitare et enregistre des riffs pour Lara Fabian sera artistiquement plus productif sur un plan quantitatif que quelqu’un d’amateur qui ne joue de la guitare que le week-end ou le soir en rentrant du travail. Mais sur un plan qualitatif, le musicien professionnel ne sera pas forcément le plus original et le plus sympathique à écouter.
En résumé, le biais de l’application des informations comporte :
- un biais quantitatif : suivant les caractéristiques des personnes, la quantité d’applications des informations (volume de tâches réalisées, etc) va différer. Ainsi, chacun aurait un volume d’application potentiel, auquel le biais quantitatif serait positivement lié : plus le volume d’application potentiel personnel est grand, et plus le biais est positif sur un plan purement quantitatif. Et j’insiste sur le « purement quantitatif » !
- un biais qualitatif : ici, c’est la qualité de l’application des informations qui va différer suivant les personnes. Chacun aurait donc une qualité d’application potentielle, à laquelle le biais qualitatif serait positivement lié. Plus la qualité d’application personnelle est grande, plus le biais est positif. Sur un plan purement qualitatif cette fois-ci !
En pratique, ces deux aspects vont très rarement l’un sans l’autre. Au final, l’idéal serait ainsi de réussir à les concilier.
Bien évidemment, cela dépend de la nature des applications des informations. Par exemple, l’aspect quantitatif sera plus important dans un travail à la chaîne, tandis que l’aspect qualitatif sera plus important dans une réflexion intellectuelle. Mais je dis bien « plus important », et pas « seul à être utile » ; car dans n’importe quelle application des informations, les deux aspects comptent.
Les biais qualitatifs et quantitatifs ont un rôle à jouer en ce qui concerne l’application des informations. Mais également en ce qui concerne le flux et le traitement des informations, comme nous avons pu le voir tout au long de cette partie. Leur rôle est en fait décisif, à l’instar de la vitesse de traitement des informations …

